Témoignage des différences culturelles entre la Chine et la France – expérience d’une étudiante chinoise

Comme beaucoup d’étudiants chinois, j’ai choisi de quitter la Chine afin de poursuivre mes études à l’étranger depuis 2016. La France était un choix évident pour moi, puisque le français était ma spécialité en licence. Désormais étudiante en master en France depuis deux ans, j’ai remarqué beaucoup de différences entre les pays occidentaux et mon pays natal.

En général, les Français connaissent mal la Chine et sa culture. Le pays n’a ouvert ses portes qu’en 1979, mais il s’agit de la seconde économie mondiale en termes de PIB, après les États-Unis. En France, j’ai constaté que de nombreuses étiquettes étaient attribuées à la Chine, dont beaucoup relèvent du cliché.

La Chine est un des pays les plus importants du monde, ne serait-ce que par la taille de sa population. En Master, nous avons des cours interculturels pendant lesquels nous tentons de mieux comprendre la Chine et comment se comporter en accord avec la culture chinoise. Etant donné la taille du marché chinois et sa vitesse de croissance, il serait dommage de rater son entrée à cause d’un manque de préparation au choc culturel. Par exemple, lors des cours de marketing international, il est souvent mentionné l’intérêt de la Chine en commerce international et comment réussir son entrée sur le marché chinois. Cette année, j’ai assisté à des cours dont le sujet était « doing business in China » qui permettent d’avoir une meilleure compréhension des comportements à adopter pour assurer une relation commerciale efficace.

Une relation diplomatique stable s’est établie entre la France et la Chine depuis 1964. L’intérêt pour ce pays n’a cessé de grandir et les entreprises françaises sont de plus en plus nombreuses à s’exporter en Chine. Par exemple, ma ville natale, Wuhan, est partenaire avec beaucoup d’entreprises françaises, comme Citroën ou Peugeot. Tous les taxis à Wuhan sont fabriqués par Citroën. Les grandes villes chinoises constatent un nombre croissant d’habitants venus du reste du monde, dont la plupart sont européens.

Pendant les cours de négociation internationale avec Madame Diana Lawson, professeur américaine, nous avons acquis des connaissances cruciales en communication interculturelle pour établir de solides relations commerciales avec la Chine ou le Japon, entres autres. Grâce à son expérience en Chine, Madame Lawson connaît bien cette culture et ses coutumes, ce qui fait de son cours un outil primordial à qui souhaiterait commercer avec la Chine ou y séjourner.

Pour reprendre certains de ces précieux conseils, afin de commencer une conversation avec les Chinois et briser la glace, il faut parler du pays et de sa culture pour montrer que l’on s’y intéresse ; la cuisine chinoise et les voyages en Chine sont toujours des bons choix. Les chinois sont fiers de leur culture, puisqu’il s’agit de l’un des pays les plus anciens au monde avec plus de 5000 ans d’histoire.

Le monde asiatique est bien différent du monde occidental, l’importance des relations personnelles occupe une place prépondérante dans le milieu des affaires. Il est donc nécessaire de bien apprendre à connaître son partenaire de négociation avant de pouvoir mentionner les raisons commerciales de l’échange. Identifiée comme culturellement collectiviste, la Chine valorise l’opinion du groupe. L’individu en soi est donc une composante de ce tout harmonieux dont l’avis est subordonné à celui du groupe. Par exemple, dans un rendez-vous avec des chinois, l’image du représentant est considérée avant tout comme l’image de l’entreprise, le groupe prime donc sur l’individu.

Comprendre le concept de « la face » et de « l’harmonie » est très important pour qui veut réaliser des affaires en Chine. Pour les Chinois, il est important de « donner la face » à son interlocuteur, en particulier aux personnes plus âgées. Il s’agit de démontrer un grand respect pour son interlocuteur et de ne rien faire qui pourrait nuire à son honneur. Cela signifie donc beaucoup de codes à respecter pour avoir un certain statut social et préserver la crédibilité de l’entreprise ou d’une personne. Faire « perdre la face » à l’interlocuteur est considéré comme un comportement très impoli, ce qui arrive souvent si l’on ne se renseigne pas sur la culture chinoise. Par exemple, il est gênant de refuser en disant directement « non ». Normalement, on utilise une réponse neutre et ambigüe ou on ne répond pas à la question directement au lieu de donner une réponse négative et directe. Etant donné que ce concept n’existe pas dans la culture française, il arrive que les Chinois soient considérés moins « honnêtes », mais il s’agit en réalité d’une simple différence culturelle qui vise avant tout à préserver l’honneur de son partenaire de négociation.

Il faut absolument préparer un cadeau quand on se rend chez une personne en Chine pour la première fois, qu’elle apprécie ou pas le cadeau, mais il est judicieux de se renseigner sur ses goûts avant. Lorsqu’on reçoit un cadeau, il faut toujours exprimer quelques formules de politesse comme « il ne fallait pas… ». Il faut savoir que, contrairement aux Français, les Chinois n’ouvrent pas leur cadeau en présence du donateur. Il ne faut pas non plus s’attendre à des réactions, puisque cela fait partie de leurs habitudes pour préserver « la face » des autres. Il faut remarquer que les Chinois donnent ou reçoivent avec leurs deux mains pour montrer leur respect. Prendre une carte de visite avec une seule main est une faute récurrente de la part des Occidentaux, qui peut s’avérer éliminatoire. Il existe aussi des tabous au sujet des cadeaux. Par exemple, il ne faut jamais offrir d’horloge : la prononciation de « donner une horloge » en chinois ressemble à « se présente aux funérailles », ce qui associe donc l’horloge à un symbole funeste et macabre. Un autre exemple : il faut éviter les cadeaux associés au chiffre 4. En chinois, « quatre » se prononce de la même façon que « mort », ce qui est donc aussi considéré comme un mauvais signe. Cependant, un cadeau de nombre pair est plus harmonieux qu’impair, en particulier les chiffres 6 et 8 qui signifient « tout se passe bien » et « fortune ».

La culture de l’alcool est particulière en Chine, puisque les Chinois ont l’habitude de parler business au dîner, où l’alcool est présent. Polis et réservés, les Chinois sont plus ouverts à ces moments. Considéré comme la clé pour ouvrir la porte du business, l’alcool permet d’améliorer la fluidité des échanges et de détendre l’atmosphère. Traditionnellement, les seniors sont très respectés. Pour montrer leur respect, les Chinois s’assoient après que les seniors se soient assis en bout de table ou à la droite, considérés comme les places les plus prestigieuses. Il en va de même dans les salles de réunion. Face à ces seniors, il faut tenir son verre à un niveau moins haut, en signe de respect. Le Baijiu, un alcool chinois très fort, est toujours servi aux dîners d’affaires. Il se boit rapidement, car les Chinois pensent que l’on peut mieux connaître une personne autour d’un verre d’alcool. Par exemple, si quelqu’un boit les verres qui lui sont servis sans broncher, cette personne est considérée comme honnête et ce sera probablement un bon partenaire. C’est à ce moment que quelqu’un montre son « vrai soi ».

Aussi, le respect de la hiérarchie est d’une importance capitale en Chine. En entreprises, les différents rangs sont très éloignés les uns des autres. Personnellement, j’ai pu constaté qu’il y a moins de règles en France quand il s’agit de communiquer avec ses supérieurs . Cependant, au fur et à mesure du renouvellement des générations en Chine, les commerciaux chinois sont plus jeunes et ont beaucoup plus de connaissances des pays occidentaux. Ils sont plus ouverts à différents modes de pensée, plus cléments face aux erreurs culturelles commises par des Occidentaux. Il devrait donc être plus simple de démarrer des affaires avec la Chine au fur et à mesure des années. Néanmoins, il reste primordial de bien se préparer pour tout échange avec la culture chinoise et les cours du Master NTCI apportent de solides connaissances dans ce domaine, grâce à des intervenants expérimentés à l’international.

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