Interview : La Maison du Quernon d’Ardoise

Nous terminons le mois de janvier consacré au thème de l’agro-alimentaire par une interview avec Romain Wirtz,  le dirigeant de l’entreprise La Maison du Quernon d’Ardoise. Nous avons été reçues dans le magasin situé 22 rue des Lices à Angers.

Pourriez-vous nous décrire l’activité de votre entreprise ?

Nous sommes une chocolaterie-confiserie depuis 1946, et aussi le fabricant exclusif de la marque Quernon d’Ardoise depuis 1966. Nous avons nos propres magasins, et à côté nous avons une activité de revente, où l’on revend les Quernons dans plus de 500 points de vente en France ou à l’étranger. Les points de vente sont des épiceries fines, des boulangeries, des pâtisseries, des chocolateries, de la grande distribution, des cavistes, des hôtels, des restaurants et des sites touristiques. On touche quasiment tous les secteurs d’activités où l’on peut trouver de l’alimentaire.

Nous sommes principalement en France mais aussi au Japon qui est le premier marché hors France puis la Russie, le Liban est le troisième et les Etats-Unis. Après on est dans plein de petits pays mais je n’appelle pas ça des vrais marchés.

Quand votre entreprise a-t-elle été créée ?

Monsieur Maillot l’a créée en 1946. Son apprenti, Mr Berrué l’a repris dans les années 1980. Mon père l’a repris en 2007 et j’ai racheté l’entreprise de mon père en 2013 en m’associant à Michel Galloyer du Grenier à pain. Aujourd’hui on a une direction à deux têtes: j’ai 50% et il a 50%.

Vous avez récemment changé de nom, pourquoi ? Etait-ce une stratégie ?

La société s’appelle toujours la Petite Marquise mais l’enseigne magasin a effectivement changé de nom et est devenue La Maison du Quernon d’Ardoise. Nous voulions rendre hommage à notre produit phare, le Quernon. C’est tout récent puisque nous avons changé en novembre 2015.

Combien de personnes travaillent dans vos locaux ?

Sur ce site, j’ai une équipe de vente de 3 personnes, une équipe de production  de 4 personnes, une équipe commerciale  de 3 personnes. 4 autres personnes se trouvent sur un autre site de production à St Léger des bois où l’on fait les Quernons d’Ardoise car nous n’avons plus de place pour les fabriquer à Angers même.

On a une filiale à Grand Maine, qui est une franchise avec 2 personnes. Nous avons aussi lancé depuis peu une épicerie fine à Angers, Le Carré d’Anjou, qui se trouve à la gare, où il y a aussi 2 autres personnes. Donc au total ça fait 18 personnes qui travaillent à Angers.

Quels sont les principaux métiers de « La maison du Quernon d’Ardoise » ?

La vente directe dans le magasin, les commerciaux, les producteurs chocolatiers et les logisticiens.

Pourriez-vous nous en dire plus sur votre propre métier ?

Je m’occupe de piloter l’ensemble. J’ai des cadres dans chaque grand domaine qui me rendent des comptes régulièrement et avec qui je fais avancer les projets. Mon but est de donner le cap global et de faire avancer l’entreprise. Donc je vais toucher à tout, il y a des jours où je vais être en production, création de chocolat, je vais être commercial quand il le faut. S’il faut faire de la logistique, je vais aider à préparer s’il y a 500 colis à faire. Je touche vraiment à tous les domaines. Mon objectif est le développement de l’entreprise. Quand on est arrivé en 2007, on fabriquait 12 tonnes par an et aujourd’hui on est à 35 tonnes.

Vous êtes implanté 3 fois à Angers. Comptez-vous vous développer déjà en France, voire même à l’étranger si vous en aviez la possibilité ?

Nous avons actuellement 500 distributeurs (épiceries fines, boulangeries, chocolateries) du Quernon en France et l’objectif est de doubler ce nombre et donc d’atteindre les 1000 revendeurs en France, on se donne encore 2/3 ans. Implanter plus de magasins n’est pas notre priorité. On s’est rendus compte que c’est plus facile de gérer un revendeur qui a son magasin, qui gère ses employés, qui a son stock de Quernons, qui passe des commandes tous les mois plutôt que d’ouvrir un magasin, d’avoir une gestion supplémentaire qui ne nous intéresse pas trop. On préfère gérer des points de reventes que nos propres magasins, sauf si on a des opportunités. C’est le cas au Liban, ce sont 2 épiceries fines qui ouvrent et qui ont à l’intérieur des petits magasins Maison du Quernon d’Ardoise, donc c’est un autre axe de développement.

Où sont fabriqués vos produits ?

Tous les chocolats, macarons, confiseries sont fabriqués ici (22 rues des Lices) et les Quernons d’Ardoise sont fabriqués à Saint-Léger-des-Bois.

Mr Berrué utilisait le Cointreau dans ses bonbons au chocolat. Depuis 2007, j’ai fait faire une gamme de macarons et de crème de caramel au Cointreau.

Prévoyez-vous d’utiliser d’autres spiritueux ou alcool ?

On travaille actuellement sur des gelées de vin blanc et vin rosé qu’on essaie de transformer en une petite ganache pour les mettre dans les macarons. C’est assez complexe. Nous faisons ça avec des producteurs locaux, de la Vallée de La Loire. On les a connu grâce à notre épicerie fine au Carré d’Anjou, où l’on vend leurs produits.

Cherchez-vous à innover et à créer de nouveaux produits ?

Pour le Quernon, on revoie cette année tous nos packaging, qui a 10 ans, donc il est temps dans changer. Pour ce qui est chocolat, macarons, moulages pâque et de noël, tous les ans je remets tout à zéro. Les gammes de chocolat évoluent petit à petit et cette année la collection de pâques n’a jamais été faite auparavant. Cela nous permet de ne jamais nous endormir et de renouveler en continu. En ce moment, on est en préparation, on fait des tests. J’espère que ça plaira à tout le monde. Chaque année c’est un petit un coup de poker. Depuis 3 / 4 ans, on ne remet jamais un moulage utilisé pour l’année prochaine, à moins d’avoir un bestseller et on le garde, mais autrement on revoit tout.

Nous avons été intrigués par vos « P’tits Beurre » bleus, comptez-vous reproduire le schéma original du Quenon d’Ardoise sur d’autres produits « déjà existants » ?

C’est une création de l’année dernière, d’une rencontre avec Vincent Guerlais. J’étais à Paris pour un salon, son stand des « P’tits Beurre » marchait bien, le mien du « Quernon » aussi. J’ai dit « si on faisait un petit beurre au Quernon » et c’est devenu un produit phare également. On part du principe que le Quernon est le produit phare et maintenant je le démultiplie sous toutes ses formes. On retrouve déjà dans le magasin le « Maquernon« , c’est un macaron au Quernon. Vous allez bien sûr retrouver le p’tit beurre au Quernon. On a le  Quernon glacé, qui est la glace au Quernon, il y a aussi le gâteau au Quernon. J’ai aussi des moulages qui sont en préparation en version Quernon. On essaie de développer tout ce qui est chocolat, macaron, gâteau, autour du Quernon. En effet, on s’est rendu compte que les gens venaient chez nous pour cela, le Quernon, pour notre marque de fabrique, ce qui est bleu. Quand je fais 10 moulages noirs et 10 bleus, je sais que je vais vendre les bleus en premier. C’est vraiment notre marque de fabrique.

Comment faîtes-vous face à la concurrence ?

Il y a 3 chocolatiers dans la rue. Ils viennent nous concurrencer sur la partie chocolat. Mais ce qui est très amusant c’est que je leur revends le Quernon donc ce sont aussi des clients. Par exemple la chocolaterie en face est un de mes meilleurs point de vente, un de mes meilleurs revendeurs. Donc c’est à la fois des clients et des concurrents. Ces relations sont un petit peu ambiguës. C’est à nous de jongler pour qu’on s’entende bien et cela se passe bien. On est 8 ou 9 chocolatiers sur Angers et on est les premiers en terme de chocolaterie globale avec la revente.

Avez-vous déposé un brevet pour vos produits ?

Oui et on en dépose à peu près tous les ans. Le Quernon est la marque principale déposée avec le brevet, c’est le seul qui a vraiment la panoplie totale. Après j’ai une vingtaine de marques. Certaines sont des noms qu’on n’a pas encore utilisé, mais dès qu’on a une idée on dépose. On a déposé: la maison du Quernon, La Petite Marquise, Rue Des Lices, etc. Tout ce qui nous passe par la tête on le dépose toujours.

Quel est le profil de vos clients ?

Il y a 7 ou 8 ans, la clientèle avait entre 50 et 70 ans. Aujourd’hui, la moyenne d’âge est descendue à 40 ans. On a beaucoup de trentenaires et d’étudiants qui viennent en magasin. Concernant les nationalités, on a 70% de français. L’été on a beaucoup plus de touristes et il faut parler anglais en magasin voire japonais ! Il y a plus de femmes, je dirais environ 60%.

Où réalisez-vous votre plus gros chiffre d’affaires ?

On a un très gros volume en France et 5 % des ventes à l’étranger. On fait 1,4 million d’euros en France. On veut se développer mais l’étranger n’est pas notre priorité. Les gens partent souvent à l’étranger pour essayer de trouver des nouveaux marchés car en France ils ont du mal. Cependant, on a la chance d’avoir en France un développement. Cette année je fais encore 8% de progression en global donc ça va bien. Je pense qu’on n’a pas encore assez quadrillé la France avant de partir à l’étranger. On a encore du travail ici. On le fait un petit peu vers le Japon, la Russie, Etats-Unis, Belgique, on propose des produits, mais c’est vrai qu’on doit encore beaucoup travailler sur la France. On a 1 ou 2 magasin en Espagne et  épiceries fines en Angleterre donc je ne considère pas cela comme de l’export car ce ne sont pas des gros marchés, il n’y a pas de gros chiffre.

Comment fait-on appel à vous?

En règle générale, on rencontre nos clients sur des salons, on échange par email les tarifs et conditions et ils passent leur commande et on expédie tout simplement. L’export n’est pas une priorité absolue mais ça me plaît d’avoir mes produits là-bas. Cela changera peut-être avec le temps mais il y a plein de choses à faire avec la France avant. Cela nous permet de bien nous faire connaître ici et d’avoir des meilleures bases pour être plus solides.

boitemetalquernon

La Maison du Quernon d’Ardoise

22 rue Des Lices

49 100 Angers

 Pour plus d’informations:

Téléphone: 02 41 87 43 01

http://www.quernon.com/

Par Laurine Vinet et Amélie Thomann

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